vendredi 15 juillet 2011

Randonnée à travers les Dentelles de Montmirail, 15 juillet 2011


(extrait carte IGN)

Les Dentelles de Montmirail sont une admirable petite chaîne de montagnes située au sud du géant chauve provençal, le Mont Ventoux. Certes, on ne visite pas ce lieu pour ses hauts sommets enneigés (le point culminant, la crête de Saint Armand, fait seulement 780m), mais bien sûr pour les magnifiques paysages médittéranéens, ses villages réputés pour leurs crus côté-du-rhône (Gigondas, Beaume-de-Venise, Vacqueyras etc.) et, mais il va de soi de parler de ça dans un blog dédié à la varappe, ses innombrables voies d'escalade (environ 650, de 3c à 8, max. 90m de hauteur).

Aujourd'hui, ma petite famille et moi-même avons décidé, pour une première découverte du massif, de se lancer dans une ballade autour des crêtes de Clapis et de Gigondas, dans la partie mériodionale des Dentelles. Point de départ est le paisible village de Gigondas. Après avoir garé la voiture au bord d'une petite route menant vers le Col du Cayron, 396m, nous poursuivons notre chemin à pied.

La route mène à travers les vignes et permet de fort jolies vues en direction de Gigondas et la plaine du Rhône.

Arrivés au Col du Cayron, nous suivons un chemin interdit au traffic vers l'ouest. Derrière nous, les pointes déchiquetées des Dentelles Sarrasines.

Après avoir atteint le Rocher du Midi, le chemin tourne vers le sud et ensuite vers l'est, avant d'arriver finalement au col d'Alsau, 450m. Nous faisons une petite pause alors. Jusqu'à maintenant, nous avons traversé de beaux paysages, certes, mais le chemin en soi (large piste exposée au soleil) n'est guère captivant.

Fort heureusement, nous quittons la piste et suivons un petit chemin en-dessous du Grand Montmirail, 555m. Sortie du bois, nous découvrons un paysage fantastique, c'est vraiment à couper le souffle ! Devant nous, la crête du Clapis, avec en avant-plan, la Dent Hadamard, derrière la Crête des Rapaces et la Grande Muraille, et au fond, le Mont Ventoux. Ces trois sites comptent, à eux tout seul, pas moins de 200 voies !

Au pied de la Dent Hadamard. Initialement, j'avais prévu de faire le tour complet de la crête de Clapis, mais un regard sur la carte IGN me fait décider de plutôt enchaîner avec le tour des Dentelles Sarrasines, car sinon on serait contraint de faire le même chemin pour le retour.

Les enfants sont dans leur élément, ils préfèrent nettement (comme moi d'ailleurs) ce genre de chemin ! Entretemps, nous devons faire attention à ne pas perdre nos casquettes, il souffle un vent parfois violent: c'est le fameux mistral.

Lars n'est guère impressioné et se montre un bon petit randonneur courageux.

Le sentier traverse les pentes situés au nord de la crête de Clapis.

Petite désescalade, aucun problème pour les petites jambes.

Le chemin commence à descendre petit à petit pour rejoindre le vallon du Vallat de l'Aiguille.

Vue sur le Rocher de Saint-Christophe, autre lieu d'escalade.

En bas du vallon, nous découvrons ce petit vignoble bien caché.

Gros-plan sur le Rocher Saint-Christophe. En regardant bien, on peut même voir des cordes et des spits.

Nous atteignons le Domaine de Cassan, connu pour la dégustation "d'excellents Beaumes de Venise rouges, des Gigondas, des Côtes du Rhône rosés et blancs ainsi que des Côtes du Ventoux" (lien).

Dernier regard sur le domaine de Cassan et le Rocher Saint-Christophe avant d'entamer, au grand désespoir des enfants, la fastidieuse montée vers le Col du Cayron.

Les fiers parois nord des Dentelles Sarrasines vues du Col du Cayron.

Il est sûr: je reviendrai ici, une semaine entière de préférence. Le programme est simple: escalade toute la journée, dégustation de vins et de fromages le soir. Bref, une superbe région qui a volé mon coeur !

mardi 12 juillet 2011

Le sentier de découverte du Cirque d'Archiane, 12 juillet 2011


(extrait carte IGN)

Ma petite famille et moi-même passions une partie de nos vacances estivales à Châtillon-en-Diois. Ce petit village croquignolet se trouve dans le département de la Drôme et constitue une base excellente pour la découverte de la partie méridionale de la chaîne du Vercors. A peine à dix minutes en voiture de Châtillon se trouve le fameux Cirque d'Archiane, site naturel protégé et bien connu parmi les grimpeurs. Forcément, une petite visite, de préférence par le "sentier de découverte", s'imposait !

Ledit sentier, pour lequel 3 heures suffiront largement, débute très paisiblement. Tout autour se dessinent d'impressionnantes falaises aux couleurs ocres, grises, etc. A gauche, les contreforts de la Montagne de Glandasse.

Vers le haut à droite, on aperçoit les falaises de la Pointe d'Archiane, fière promontoire qui se dresse en plein milieu du cirque, comme l'étrave d'un paquebot.

Le sentier, en restant très agréable, devient un peu plus raide. En fait, il s'agit d'un tronçon du GR 93 qui se dirige vers les hauts plateaux du Vercors.

Droit devant nous maintenant, la Pointe d'Archiane, 1756m, haut-lieu classique de l'escalade sportive dans le Cirque. CamptoCamp répertorie 27 voies, allant de 4b à 7c, avec une hauteur maximale de 400m !

Le sentier de découverte quitte le GR 93 après une heure de montée et entame une traversée en-dessous des falaises du Rocher d'Archiane.

Le belvédère, à 1074m d'altitude, donne de belles vues sur le Rocher...

... et ses falaises ocres qui invitent à la varappe...

... ainsi que sur la Tête du Jardin, 1820m, voisine.

Après avoir atteint le belvédère, le sentier descend tranquillement à travers le bois, avant de commencer à longer les falaises de la partie droite du cirque. Nous tentons d'apercevoir les bouquetins et vautours qui s'y sont installés depuis quelques années mais n'avons pas de chance aoujourd'hui.

Finalement, on revient à notre point de départ. Les enfants et ma petite chérie ont bien aimé la ballade, même si le sentier en soi ne fut pas des plus agréables pour eux (très raide à certains endroits, beaucoup de petits cailloux, glissant).

Dernier regard sur les rochers avant d'aller boire un verre à la buvette du hameau minuscule portant le même nom que le cirque.

vendredi 1 juillet 2011

Le Rimpfischhorn, 30 juin - 1 juillet 2011


(extrait carte Swisstopo)

Jeudi 30/06/2011: montée au refuge de Fluhalp, 2618m

Ayant le Pigne de la Lé, le Balfrin, le Gross Bigerhorn et le Breithorn dans la poche, il était temps pour la fameuse cerise sur le gâteau ! On voulait inscrire un des grand '4000' autour de Zermatt sur notre liste de conquêtes (ou appelez cela la liste de vanité) et pour cela nous rentrions, directement après être déscendus du Kleinmatterhorn, dans le Bureau des Guides. Comme le temps était encore instable, on nous demandait de revenir le lendemain matin. Ainsi dit, ainsi fait, on y retourne le lendemain. Notre choix premier, le Zinalrothorn, n'étant pas encore praticable pour cause d'abondance de neige, on nous proposa le Rimpfischhorn. On se regarde, on concerte, et on accepte !

Petite remarque quand même: les tarifs pratiqués ici sont vraiment scandaleux, c'est carrément hors de prix, cette petite blague (sortie de 2 jours) nous coûtera tous les deux plus que €. C'est bien beau la Suisse, mais le coût de vie sur place et ce franc suisse sont très très chèrs. On est sensé rencontrer notre guide ("Turbo" !) cet après-midi au refuge de Fluhalp.


On passe le matin a lire, à faire et défaire son sac, à glander quoi, au camping.

Nous décidons de faire la montée au sommet du Rimpfischhorn "by fair means", comme disaient et faisaient les vieux pionniers anglais, c'est-à-dire du bas de la vallée jusqu'au sommet de la montagne, sans aide extérieure ni technique (donc sans l'utilisation de téléphériques dans ce cas-ci) et nous nous mettons en route.

On passe par le cimetière des alpinistes pour rendre hommage à certains de nos héros...

... comme Michel Croz, premier ascensionniste du Cervin, et décédé sur cette même montagne.

Le voilà, ce Cervin, encore bien enneigé.

Après avoir traversé le village, nous rentrons dans la forêt. Peu après, une vue magnifique sur un des ponts de la Gornerbahn s'ouvre à nous.

Le chemin est vraiment fantastique, c'est de la belle ballade comme on aime bien.

Rêveur 4000 (D) donne la cadence, en sandales bien-entendu !

A 2051m, le hameau de Ze Gassen, quelques beaux vieux chalets mais aussi un restaurant pour gourmêts, Zermatt oblige !

La suite de la randonnée ne me plaît guère, nous traversons une partie du domaine skiable de Zermatt (pistes de ski, installations d'enneigement, bassins pour l'eau nécessaire à l'enneigement, etc.). Pfff, que c'est moche ! Heureusement, l'horreur est finie une fois qu'on s'approche du Stellisee et, finalement, du refuge de Fluhalp.

Même si la bière suisse ne peut rivaliser avec les meilleures pils allemandes et tchèques, elle se laisse bien boire quand on a une vue pareille !

On a bien faim et on décide de manger un bon rösti avec une saucisse de St-Gall.

Après ce délicieux repas, je monte à la chambre pour me reposer un peu, et Rêveur 4000 (D), qui débordera d'énergie pendant ce périple, décide de rendre visite au Stellisee, petit lac à 2537m, d'où on prend les meilleures photos du Cervin point barre.

En début de soirée, nous rencontrons notre guide "Turbo", qui s'appelle en fait Thomas Zumtaugwald. Bien que très professionnel et correct, il ne déborde pas de sympathie, voir d'intérêt en nous, ce qui est malheureusement un trait commun des guides de Zermatt, qui voient sans doute trop de touristes, et non alpinistes.

Ensemble, nous profitons d'un vrai dîner trois services (pfff, au plus tard à ce moment-là, on commence à regretter notre rösti et la saucisse !) accompagné de bon vin. Après, on sort une dernière fois pour contempler le Cervin, magnifique dans sa solitude, avant de se coucher tôt, car demain on devra se lever de très bonne heure (2h !).

Cervin, Dent Blanche et Obergabelhorn surplombent le délicat Stellisee.

Vendredi 01/07/2011: Rimpfischhorn, 4199m

Ainsi dit, ainsi fait. Nous nous levons de très bonne heure (ça va mieux que je ne pensais) et nous mettons en route après un court petit déjeuner. Il fait assez frais dehors mais on atrappe vite chaud. C'est pas trop mal, faire du chemin comme ça dans le noir absolu, tout le monde est silencieux, perdu dans ses pensées, bouge comme en trance. Après quelques deux heures, on atteint le col de Pfulwe, 3155m. A partir de là, on avancera dans la neige.

Vers 3900m, nous atteignons une barre rocheuse haute de 100m, du terrain mixte. J'adore les parties rocheuses atteignant le IIème degré mais malheureusement, mon manque de technique en cramponnage se paie cash: Turbo commence à me râler dessus, vu que je n'avance pas très vite et ai visiblement du mal à avancer dans du terrain aussi raide. "Climbing good ! Cramponning, not good", sera une de ses expressions à retenir.

J'ai à peine le temps pour bien regarder et profiter de ce paysage fantastique: les géants valaisans au-dessus d'une mer de nuages. En bas, deux alpinistes suivant dans nos pas. Un guide et son client nous devancent mais sont déjà loin devant car ils projettent la traversée du Rimpfischhorn et avancent très vite.

Turbo, lors d'une des rares pauses dans la barre rocheuse, en train de mettre une couche de vêtements supplémentaire car il fait sérieusement froid malgré le ciel bleu.

Au-delà du Findelgletscher, le massif du Mont Rose.

Après ce passage vraiment scabreux, nous atteignons le large Rimpfischsattel, 4001m. Devant nous, les deux alpinistes suisses qui nous ont dépassé, et la partie sommitale du Rimpfischhorn. C'est beau à crever, et on voit très bien la suite des choses: au-dessus des deux alpinistes, on suit le large couloir jusqu'à mi-hauteur de celui-ci, ensuite on suit la vire enneigé à gauche pour revenir sur l'arête qui nous mène jusqu'à l'antécime.

Turbo décide de ne pas faire de pause et fonce directement dans le couloir. Celui-ci est très raide (facilement 50°) mais la neige est excellente. Au lieu de faire du cramponnage frontal, Turbo m'instruit d'appliquer la technique du cramponnage latéral. C'est très dûr et fatiguant pour les pieds, mais ça a au moins l'avantage que je glisse pas comme je le faisais dans la barre rocheuse plus bas.

Turbo grimpe corte tendue et je dois donner mon tout pour arriver à suivre son rythme, pfff, un vrai meneur d'esclaves celui-là !

Plus loin, on atteint l'arête et du bon rocher et je suis tout de suit mieux dans mon élément. Les diffucultés ne dépassent pas le IIIème degré mais c'est sérieux quand même car le terrain est tr!s exposé (une chute ne se pardonnerait pas) et il fait un froid intense, je ne sens plus mes pieds, ni mes mains.

Mais tout calvaire prend fin, après 5h30 d'efforts soutenus (mais sans problèmes liés à l'altitude, la préparation sous forme de 3 sommets plus que 3000m et un 4000m, porte ses fruits), nous arrivons, après avoir atteint l'antécime et effectué la courte traversée entre les deux sommets, le sommet principal du Rimpfischhorn, 4199m.

Quelle belle vue sur le voisin tout proche, le Strahlhorn, 4210m (voir aussi le récit suivant).

Turbo connait une petite vire juste en-dessous du sommet et nous mène jusque-là. Dans ses mains, son breuvage miracle pour les courses en altitude !

Sur le sommet, il faisait un froid intense, grâce au wind chill, mais ici, sur cette vire, il règne un calme olympien et il fait bien chaud, génial !

Rêveur 4000 (D) dans son élément. Comme il fermait la cordée, il n'a été confronté que dans une moindre mesure au tempérament spécial de notre guide.

Vue classique du sommet principal du Rimpfischhorn sur l'antécime, cela permet d'apprécier l'exposition énorme du lieu.

Après une petit demi-heure, il est temps de redescendre. Ici, on se trouve déjà à nouveau dans le couloir raide où je suis en train d'assurer Rêveur 4000 (D).

Turbo me suis de près.

Vue sur les deux alpinistes suisses qui sont déjà arrivés en bas du couloir.

Fort heureusement, j'arrive a descendre le couloir sans problèmes majeurs (face vers le vide !). Turbo devient plus relaxe, c'est la fin des difficultés.

De l'autre bout du Rimpfischsattel, on aperçoit les deux Suisses ainsi que Cervin et co.

Wow, vu du col, on peut être fier de notre ascension, c'est bien raide !

Turbo commence à se lâcher aussi, peut-être qu'il est heureux lui-même de nous avoir ramenés sain et sauf de ce sommet escarpé.

Cependant, je ne le garderai pas en mémoir comme le guide suisse le plus sympathique déjà rencontré.

Encore une fois la partie sommitale de notre 4000, mon douzième de la série, le neuvième pour Rêveur 4000 (D).

Tout simplement superbe, la chaîne des Mischabel: Alphubel, Täschhorn, Dom, Lenzspitze et Nadelhorn.

Turbo en train de montrer le chemin de la descente à Rêveur 4000 (D).

Le reste de la descente se déroule paisiblement et sans le moindre problème cette fois-ci.

Après une petite pause dans la barre rocheuse...

... on poursuit son chemin vers la vallée.

La barre rocheuse, 3900-4000m. Le sommet principal n'est déjà plus visible.

Plus loin, vers le col Pfulwe, il commence à vraiment faire chaud, et la neige ne tient plus trop bien. La descente du col est très monotone, le paysage fait d'éboulis ne nous inspire pas trop et on est content de n'avoir rien vu de cela pendant la nuit. Avant d'arriver à Fluhalp, une vue magnifique sur la montagne parfaite s'ouvre à nous.

Dernier regard sur le Rimpfischhorn et le Strahlhorn avant d'entamer la descente finale vers Zermatt. Rêveur 4000 (D) ira jusqu'au bout dans sa philosophie "by fair means" et descendra le tout à pied, tandis que moi je décide de me payer le luxe d'un téléphérique à partir de Blauherd, 2571m.