dimanche 14 août 2005

Randonnée : tour du Cervin 2005


"...Le plus bel objet dont ce site présente la vue, c'est la haute et fière cime du mont Cervin, qui s'élève à une hauteur énorme sous la forme d'un obélisque triangulaire d'un roc vif, et qui semble taillé au ciseau." Selon l'expression d'Horace Bénédict de Saussure qui en 1789 va du Breuil à Zermatt via le Col du Théodule où il bivouaquera. Il a à cet instant toutes les cimes du Valais dans les yeux mais son choix est fait.

Depuis la première ascension en 1865, des millions de personnes l'ont admiré, des milliers l'ont gravi ; les arêtes du Hornlï, du Lion, de Zmutt et de Fruggen ont été escaladées ; toutes les faces ont été gravies. "...Pourtant rien n'est changé : chaque fois que l'on arrive à Zermatt ou au Breuil et qu'on lève la tête pour voir enfin la cime dont on a rêvé des jours et des nuits, et que, déjà, on s'avance vers elle, car elle est aimantée, on est saisi jusqu'au plus profond de soi-même." (Gaston Rébuffat in Cervin cime exemplaire : Hachette)

Le mois d'août 2005 : de mauvaise qualité comme tous les mois d'août précédents. Ou bien c'est la canicule ou bien l'inondation. Nous décidions tout de même de passer nos vacances en montagne sur une randonnée assez récente : le Tour du Cervin.

A l'instar du Tour du Mont Blanc, de la Vanoise, des Combins et j'en passe, le Tour du Cervin nous fait prendre connaissance des multiples facettes de cette montagne de légende.
Sur ce genre de randonnée, contrairement à l'alpinisme, on peut laisser vagabonder ses pensées ; l'horaire est une notion très large et lorsque le temps est au beau, peu importe si l'on arrive au bivouac à la nuit. C'est cela qui fait le charme, à mon sens, de la randonnée en autonomie : le rêve sans contraintes. La marche dans sa plus belle expression.

Le Tour du Cervin, sans être techniquement difficile au sens de l'alpinisme, est un morceau de choix. Les étapes sont longues (surtout sans employer les diverses remontées mécaniques que l'on retrouve sur le parcours. A contrario on se priverait de splendides vues). Les sentiers ne sont pas toujours balisés et deux cols sont glaciaires (Théodule et Collon).

Il faut donc au minimum porter deux harnais, une corde et de quoi confectionner un mouflage, ou bien se faire accompagner par un guide pour ces passages. Ce sont tout de même des glaciers, et l'on est jamais à l'abri d'une chute dans une crevasse.

Ces réserves faites, c'est la plus splendide randonnée que l'on puisse faire dans les alpes, sur les traces des plus grands alpinistes des temps de la conquête (De Saussure, Whymper, Carrel, Croz, Tyndall, Burgener,Penhall, Mummery, les frères Schmid, Rébuffat...) Il faudrait des lignes et des lignes pour énumérer ces alpinistes (guides ou clients) des années fastes.

Ici, bien plus qu'à Chamonix règne une atmosphère de mystère. Le Cervin est peut-être partiellement défiguré par les remontées mécaniques qui l'ont pris d'assaut mais il garde cette prestance digne de ces hauts lieux qui ne seront jamais soumis à l'Homme tant le respect de la montagne est présent dans ces vallées.

Etape I 09.08.05 : Zinal (1600 m) - Grubben (1818 m) via Meidpass (2790 m)


Nous démarrons sous ce soleil radieux du mardi 09/08/05 à Zinal et dans le sens inverse, pas par snobisme mais pour ne pas nous engager dans une étape trop longue vers Evolène.

Cette étape-ci, Zinal-Grubben, se déroule dans un premier temps sur un long sentier en balcon duquel nous avons un jolie vue sur les géants du Valais.

Nous voyons ici les sommets du Zinalrotthorn, du Cervin, de l'Obergabelhorn, de la Dent Blanche et du Grand Cornier. Cette partie, quoique sans grand dénivelé (800 m de montée) est assez longue jusqu'à l'Hôtel Weisshorn (+- 8 km). C'est une jolie balade qu'il faut faire en famille.


Nous sommes au Meidpass (2790 m), nous entrons dans la partie germanophone de la Suisse. D'ici nous avons une vue peu commune sur la plus belle montagne des alpes (je suis du même avis que Rêveur 4000 H), Le Weisshorn. Flanqué de son petit acolyte le Bishorn, (le 4000 pour Dames).

Dans la descente vers Grubben via le Meidsee



Le petit village de Grubben (1818 m) ne possède pas de camping, nous décidons alors d'aller camper dans la montagne et nous apprêtons à remonter quelques peu sur l'étape du lendemain. Cependant, nous mettons nos rudiments d'allemand en émois et posons quelques questions aux passants.
Ceux-ci nous indiquent alors que la municipalité a mis à disposition des randonneurs des tipizelte, et pour une modique somme nous voilà abrités pour la nuit. Comme on peut le constater, nous sommes bien en Suisse.


Etape II 10.08.05 : Grubben (1818 m) - St Niklaus (1127 m) via Augstbordpass (2894 m)


Nous quittons presque à regret cette magnifique vallée pour le col de la journée. Il fait grand beau et la physionomie de l'étape est différente. Nous grimpons plus vite en altitude. Sur la photo on aperçoit de Meidpass derrière A.


Augstbordpass, le paysage est minéral et le vent présent, on sort les gore tex. On est bien ici, je resterais des heures mais la descente est très longue : +- 1800 m sans compter les remontées alors il faut y aller.


A la descente, on range les vestes, il fait très chaud (peut-être un orage pour le soir ?)


Après une petite remontée on peut apercevoir le Fletschorn, le Laggin et la Weissmeiss dans les brumes de chaleur


Comme la vallée est encaissée ! C'est le paradis, Le Mont Rose se dévoile tandis que Zermatt ploie sous la chaleur. Je n'ai pas fait de photos (oubli ...) de la chaîne des Mischabel, pourtant ça vaut le coup d'oeil. J'y penserai lorsque nous monterons au Dom (pour Rêveur 4000 H).


Je dois bien avouer que je ploie aussi sous cette température, cette descente qui n'en finit pas. Il y a pourtant un téléphérique mais par principe ...
Cet après midi est une fournaise, il faut dire qu'on n'est plus très haut : 1127 m.
Pour une question d'horaire, nous évinçons les deux étapes en balcon, nous devions en supprimer, notre choix s'est porté sur celles là. Nous prenons donc le petit train qui monte sur Zermatt (22 CHF/pers)

The camping : il n'y est pas facile de ne pas se marcher dessus. Alors, là on voit de tout mais surtout n'importe quoi. En règle générale, en étant pas trop méchant, c'est le pro qui exhibe tout son matos flambant neuf toute la soirée.

Etape III 11.08.05 : Zermatt (1615 m) - Gandegg Hütte (3030 m)

Après une nuit extrèmement reposante nous étions d'attaque pour passer le Theodule pass et nous démarrons de grand matin (mais pas trop tôt car il pleut un peu). J'en profite pour visiter la maison des guides.


Nous montons rapidement en profitant pleinement de la vue et en essayant d'oublier ces remontées mécaniques qui gâchent le paysage (en plus ça fait du bruit ces saloperies). Le mauvais temps est là et il ne va pas tarder à pleuvoir ou pire neiger, parce qu'il ne fait pas chaud.


Voilà, vers 2900 m il neige, la visibilité tombe très vite. On réfléchit un peu et on prend la (sage) décision de traverser le col demain.


La Gandegg hütte est en vue, je n'ai jamais autant apprécié de voir un refuge, même dans le Karwendel :-) parce que là je savais que quelqu'un m'aurait laissé sur place et m'attendrait avec une bonne bière.


On est bien dans un refuge, surtout lorsqu'il neige à gros flocons dehors. Il fait chaud et je déguste ma première bière.


En fin d'après midi, je vais faire un tour, histoire de repèrer le terrain. Le Matterhorn est à peine visible mais ça a l'air de s'améliorer. Le baromètre remonte.


La sympathique Gandegg hütte, perchée sur sa barre rocheuse. S'il n'y avait pas le téléphérique, ce serait le paradis sur terre. Je vous assure que lorsqu'on se donne la peine de monter à pied, il prend une toute autre dimension : celle qu'il mérite. Compter 68 CHF/pers. Pas de réduc Club alpin, c'est privé.

Etape IV 12.08.05 : Gandegg hütte (3030 m) - Bivouac Manentti (2818 m) via Le Breuil


Le matin, je n'en crois pas mes yeux, quelle splendeur. il n'y a pas de mot pour décrire cela. Heureusement que nous n'avons pas continué la veille, nous n'aurions rien vu.

Le Breithorn tel quon peut le voir de la terrasse du refuge. Vu d'ici, moi je dis : total respect.


Lorsqu'on fait quelques pas, les grands de ce monde se dévoilent (Obergabelhorn, Zinal rotthorn, Weisshorn).


La Nadelgrät, Dom, Täschorn, Alphubel, Allalinhorn, Rimpfichorn, Stralhorn que Rêveur 4000 H a gravi.


J'en ai le torticoli, je resterais assis sur cette crète, où personne ne passe d'ailleurs. Ici, le massif du Mont Rose avec la Nordend, La Dufour, Gnifetti, Castor.


Le Matterhorn, Cervin, Monte Cervino, avec l'arête du Hörnli à droite (voie normale suisse), la cresta del Leone à gauche (voie normale italienne) et entre les deux l'arête de Fruggen, dont la première sera réalisée par Mummery flanqué du fameux guide Burgener en 1879, mais l'arête ne sera gravie que partiellement. Il faudra attendre 61 ans pour qu'elle le soit totalement.


Au départ de l'arête qui nous déposera délicatement sur l'obertheodulegletscher. Quelle vue splendide.


Grand classique de la photographie :-)


Notre ami le Breithorn.


Le Theodulegletscher avec la Dufour en toile de fond. Au centre la benne du Klein matterhorn = de 3800 m : point de départ de l'ascension des Breithorn. De nouveau, est ce qu'on prend la réelle mesure des montagnes lorsqu'on utilise ces moyens pour accrocher un 4000 à son palmarès ? Néanmoins, j'ai déjà cédé à la tentation.


Nous sommes en vue du Theodulpass (sur la gauche), en face avec les antennes c'est la Testa Grigia. Nous passons par ici pour éviter les pistes de ski (Hé oui, nous sommes bien sur un domaine skiable, là où il n'y a pas d'argent à prendre il n'y a pas de plaisir).


Il y a quelques crevasses, et de toute façon on s'encorde. Il est complètement idiot de ne pas le faire sur un glacier. C'est comme de mettre sa ceinture en voiture : ca sert pas souvent, mais quand ça sert ...


Pour accéder au col nous remontons les quelques pistes de ski qui en descendent.


Sur le col : 3300 m. Comme endroit ce n'est pas fameux, mais la vue vaut vraiment la peine.


Vue côté italien où l'on distingue nettement le massif du Grand Paradis et de la Grivola (tous deux enneigés)


Vers le bas, nous descendons à Breuil cervinia.


Un aperçu des pistes de Breuil


Le Monte Cervino, tel qu'il apparaît de plan maison vers 2500 m. On voit très bien la voie normale italienne. Elle rejoint l'arête du lion au niveau du col homonyme. Ce jour-là, elle est en conditions hivernales tant il y a de la neige. On s'aperçoit d'ici que l'arête du lion est coupée par une grande marche, c'est le pic Tyndall (du nom de ce physicien amoureux de la montagne qui fit entre autres la première ascension du Weisshorn).

Le village du Breuil, je le trouve bucolique et très sympathique. Nous nous sommes arrêtés quelques heures malgré nous dans le village car il était 13h00 lorsque nous sommes arrivés et les commerces n'ouvrent qu'à 15h00. Nous nous sommes attablés dans un bar de la rue principale.

Après nous être ravitaillés nous repartons vers le bivouac Manentti. A la base nous devions camper après le premier col rencontré, sur les pelouses de la valpelinne. Cependant, je pensais secrètement atteindre le bivouac Manentti. J'en avais entendu parler et voulais y dormir. L'étape s'allongeait mais avec l'acclimatation et l'entraînement physique tout était possible.

Enfin, le bivouac. Il est 20h00, je suis content d'arriver. Il n'y a personne dedans (parce qu'il n'y a que deux couchettes et une par terre). Nous rencontrons seulement un couple en train de redescendre dans la vallée, ils n'arriveront pas trop tôt au souper ces deux-là.

La vue que nous avons du bivouac. On est vraiment seuls ici, cette étape est sans aucun doute la plus sauvage du périple.

Etape V 13.08.05 : Bivouac Manenti (2818 m) - Refuge Collon (2808 m) via le col de Valcournera (3030 m)


Le réveil, après une nuit venteuse mais reposante. Une nuit tout confort, 4****.


Le col de Valcournera avec son refuge 100 m plus bas. Nous sommes tout près. Le paysage est sauvage, c'est extraordinaire de trouver cela à quelques heures de marche seulement du Breuil si animé.




La pente qui mène au col est très raide et les pierres roulent sous nos grosses chaussures, de plus il y a de la glace sous les graviers. Il faut bien chercher son chemin.

Au col la vue est splendide sur les montagnes environnantes mais je n'en connais même pas le nom. Tout est mystérieux ici, la neige n'y tombe pas comme ailleurs, le vent vous raconte son périple dans ces dédales de rochers. Ici, je ressens la montagne.

La descente, aussi raide que la montée mais facilitée par des plaques de neige durcie.

La valpeline vers le refuge Aosta et la Dent d'Hérence (non visible). Ici je pense que c'est la Tête blanche de Valpeline que l'on voit mais je n'en suis pas certain.


Les magnifiques alpages après avoir atteint le point bas de l'étape, le Lac di place Moulin vers 2000 m. Nous montons facilement la Comba d'Oren vers le refuge Collon. Le site est impressionnant.


Joli petit torrent devenant une cascade. Le chemin est équipé de barres de fer, il est assez vertigineux. Ce n'est pas facile avec un gros sac. Peu après nous arrivons au refuge Nacamuli (en italien). Il est moderne, tout confort. Le gardien est extrèmement sympathique. Compter 35 EURO de demi pension/pers avec Club alpin.

Etape VI 14.08.05 : Refuge Collon (2808 m) - Evolène (1380 m) via col collon (3100 m)

Nous nous levons vers 7h00 (comme tous les autres jours d'ailleurs), nous avalons un bon déjeuner et démarrons. Les 300 m qui nous séparent du col sont vite avalés.

On distingue le refuge au centre de l'image vu du col. On peut très bien s'imaginer qu'il y a à peine 50 ans il y avait un glacier ici.


Le col


A avec le mont Brulé en arrière plan.


Nous entamons la descente du haut glacier d'Arolla. Pour âtre plus léger je n'ai pas pris de crampons, ça glisse un peu. Normalement on fait le Tour du Cervin dans l'autre sens, la pente en montée pose moins de problèmes qu'en descente sans crampons.


Une belle vue sur le glacier avec la crête des bouquetins sur la droite.


Une belle vue sur la Dent d'Hérence. C'est franchement magnifique.


Après avoir sauté une bédière et l'une ou l'autre crevasse, nous nous retrouvons sur le morraine latérale.


Dans le bas du glacier, les blocs chariés noircissent la glace et rendent ce monde plus minéral encore.


Il y a quelques années, le glacier montait probablement sur ces pentes.


La morraine frontale du glacier et le temps en train de changer. Nous allons descendre sur arolla puis sur Evolène. Par manque de chance nous ratons le bus postal qui relie ces deux villages. Nous en sommes quittes pour quelques pas de plus. Il commence à pleuvoir.

Nous nous mettons en quête d'un camping à Evolène et, sous une pluie battante, nous montons la tente. Notre périple s'arrêtera ici. Nous devions encore faire une étape le lendemain mais après quelques centaines de mètres de montée nous constatons que la neige fraîche tient vers 2600 m, or le col est à 3000 m, il doit y en avoir une couche. Nous sommes fatigués, nous arrêtons ici.
Un petit goût de trop peu mais nous le referons.

lundi 18 juillet 2005

Wallis 2005: Le pays promis - par Rêveur 4000 (H)

Après avoir goûté aux plaisirs de la Suisse alpine en 2004 (voir ci-dessous), je me décidai de m'attaquer à quelques 4000 faciles, question de rentrer dans la matière de façon aisée. Je choisissais le forfait "4000 faciles" (oh, qu'est-ce que je me suis trompé par rapport au mot 'facile' par après, rien de tel à 4000m!) organisé par l'école d'alpinisme Weissmies (www.weissmies.ch). Ce séjour se déroulait au Valais, région bien connue et fréquenté. Départ à 7h de Bruxelles-Midi, arrivée à Brig à 17h. Brig n'est pas terriblement joli comme ville, mais est, en tout cas, bien située en plein milieu du Valais, à quelques kilomètres seulement du glacier d'Aletsch et du Cervin !

Centre-ville de Zermatt. Contrairement aux attentes, je me retrouve dans une agréable bourgade, très fréquenté certes (sûrtout par les Japonais omni-présents), mais gardant un certain charme, voir un charme certain ! De toute façon, si on cherche les plaisirs et comforts de la vie moderne, on est certain de les y retrouver.

Après le dîner, petite visite au cimetière local. On y retrouve un nombre remarquable de tombes d'alpinistes ayant mouru en pratiquant leur activité, leur sport, leur passion préféré. Ci-dessus, la tombe de Michel Croz, un des premiers vainqueurs du Matterhorn (Cervin).



(Extrait Swisstopo)

Le lendemain, deux télécabines m'emmènent au Schwarzsee. Montée solitaire à la Hörnli-Hütte. J'avais entrepris cette randonnée pour deux raisons: acclimatisation indispensable pour les 4000 (le refuge se trouve à 3260m) et les vues imprenables. Question panorama, je n'ai pas vraiment été servi: brouillard tout le temps, neige fraîche à partir de 3000m. Autant dire que le Cervin ne s'est pas fait escalader aujourd'hui !

Descente interminable dans la vallée (3260m-2200m), suivie d'une rude montée aux alpages de Hohbalmen (2750m). Le mauvais temps continuait à me poursuivre. Dommage, cette ballade est réputée être une des plus belles des Alpes, avec vues sur le Cervin et le massif du Mont Rose !

Dernière descente jusqu'à Trift. Paysage austère avec, au fond, la Wellenkuppe (3903m).
Le propriétaire du l'hôtel du Trift m'acceuillait les bras ouverts. Endroit très sympathique, cet hôtel était un des premiers à être construit à Zermatt (http://www.zermatt.ch/trift/)

Le lendemain, départ matinal pour le sommet du Mettelhorn, un des plus beaux sommets panoramiques du coin. Mais les conditions sont mauvaises, neige fraîche à partir de 2700m. Au fond le sommet du Platthorn, 3345m.

LA star du coin ! Le Matterhorn se dévoile enfin, vêtu d'une robe de neige.

Une fois arrivé au col, je me réalisais tout de suite que le Mettelhorn était hors de question aujourd'hui. Il neigeait, un brouillard épais venait de temps en temps m'aveugler, et j'avais un petit glacier crevassé à traverser avant de remonter les dernières pentes. Je me contentais alors du Platthorn voisin, but plus réaliste. Néanmoins, un 3000 de plus dans la collection !

Les choses allaient vite ensuite: très longue descente à Zermatt (1700m de dénivelé), changement de vallée (la vallée de Saas), rencontre à Saas Grund avec les autres membres du groupe "4000 faciles" (Mats, Suédois, et Holger, Allemand). Dodo bien mérité, puis rencontre avec le guide Suisse (dont je refuse de donner son nom, ce personnage s'avérait être des plus désagréables, et j'estime qu'il ne faut pas donner plus de publicité que ça à des guides antipathiques, dépourvus de toute compétence pédagogique) et ensuite montée à Kreuzboden.


(Extrait Swisstopo)

On chausse les crampons sur le glacier du Trift, question de se remettre dans le jeu, et on monte vers le refuge de Hohsaas (3101m).

Vue époustouflante de Hohsaas sur la chaîne du Mischabel. Täschhorn et Dom constituent des buts majeurs pour tout collectionneur des 4000, mais il faut une sacré condition (Dom) et de bonnes connaissances techniques (Täschhorn) pour les vaincre.

Le flanc nord-ouest du Weissmies. Demain, nous allons traverser le glacier de gauche à droite pour remonter ensuite vers la gauche.

Vue sur les sommets qui constitueront nos buts dans les prochains jours: Strahlhorn, Rimpfischhorn, Allalinhorn.

Cliché romantique, certes, mais il faut quand même avouer que le ciel est particulèrement beau-là, non ?

Le sommet du Jägihorn (3206m).

Départ à 5h. Très vite, les premiers rayons de soleil viennent effleurer le Lagginhorn, voisin 4000 (4010m pour être précis) du Weissmies. Son ascension s'effectue par l'arête ouest (à gauche).

Le fameux massif du Mont Rose, au fond à gauche.

Photo classique prise du sommet du Weissmies (4017m). L'ascension s'est déroulé sans problèmes majeurs. Mais déjà, on sent que Holger, le participant allemand, n'est pas à la hauteur des sommets entrepris, il a très dûr aujourd'hui.

Vue sur le Lagginhorn, et derrière, le Fletschhorn, presque-4000m, qu'un jour les habitants de Saas Balen ont voulu élever littéralement à la hauteur de 4000m, en proposant d'y construire un genre de cairn monstrueux. Quelle sottise ! A gauche, au fond, le Bietschhorn, et à droite, l'Aletschhorn.

Fier d'avoir atteint mon deuxième 4000, après le Mönch en 2004.

Descente rapide à Hohsaas. Mon avis: même s'il est facile, le Weissmeis est un sommet magnifique.

Les impressions se suivent: nous changeons à nouveau de vallée (Mattertal) et nous montons à la Täschhütte (2701m), refuge assez rustique du Club Alpin Suisse (http://www.taeschhuette.ch/). Mais les vues valent vraiment le coup. Levée matinale extrème (2h30). Départ à travers la moraine. Vue incroyable sur le plus beau sommet des Alpes, le Weisshorn.


(Extrait Swisstopo)

Le sommet de l'Alphubel est large comme trois terrains de foot. On a du mal a s'y repérer. J'ai lu que le sommet de la Cho Oyu est similaire. Je n'ai pas encore pu aller vérifier cela mais je veux bien le croire ! Ceci dit, l'Alphubel, répute sommet facile, était un véritable calvaire pour moi. J'avançais avec beaucoup de peine et dû chercher mon souffle sans cesse. Les chiffres de la montée parlent pour eux-mêmes, je crois: 1500m et 5h30 de montée. L'altitude ? Un manque de condition ? Peut-être... En tout cas, il ne faut jamais sous-estimer un 4000.


Fatigués, mais heureux. Ce sommet-ci, il s'est mérité.

A droite, le sommet de l'Allalinhorn. En bas à gauche, l'affreux domaine de ski de Mittelallalin.


Vue de Saas Fee sur l'Alphubel. Nous devions traverser un glacier extrèmement crevassé pour atteindre Längflue. Ensuite, une télécabine nous emmenait à Saas Fee. Certes, les télécabines sont une grosse aide pour les alpinistes, mais on doit quand même se poser des questions par rapport à la construction de toute une infrastructure de ski dans un environnement aussi sensible qu'est la haute montagne.

Vue de Mittelallalin (3500m) sur l'Allalinhorn (4027m). On m'avait prévenu, et c'était vrai: la partie la plus dangereuse de l'ascension, c'est la traversée de la piste de ski en partant de Mittelallalin !

Montée fastidieuse sans événements, que je qualifierai de "tout à fait faisable pour ma grand-mère". Néanmoins, un 4000 de plus, et le panorama était génial.


Le Strahlhorn, le Mont Rose et le Rimpfischhorn.


Cervin, Dent d'Hérens, Mont Blanc et Grand Combin. Je l'avais dit: la vue de ce sommet explique peut-être sa popularité.


Plan détaillée du Mont Rose.


Descente rapide à Felskinn, et pas d'au revoir au guide (quel connard). La chaîne des Mischabel continue à nous émerveiller.


Strahlhorn (4190m) et Rimpfischhorn (4199m), vus du refuge Britannia (http://www.britannia.ch/content.php?content.19). On est en plein coeur des montagnes valaisannes ici, et c'est joli !


(Extrait Swisstopo)


Nos voisins quadrupeds.


Vue très intéressante sur l'Allalinhorn. Sa voie normale est ennuyeuse mais l'arête qu'on voit ici vaut vraiment le coup: la fameuse Hohlaubgrat (PD, II, 35°).


Nous avons un nouveau guide, et il est vraiment bien: Konstantin de Leukerbad. Départ très très tôt (levée 2h, départ 2h30) du refuge. Chemin pas si évident que ça: nous devons traverser deux moraines, et le glacier s'avérait être très crevassé (quelle expérience !).


Cette montée est qualifiée comme "fastidieuse" (voir notamment le guide de Goedeke), mais je ne suis pas d'accord du tout. Le paysage qui nous entoure est fantastique, l'ascension est variée et nous permet de monter progressivement.

En route vers l'Adlerpass (3789m).

Après un dernier flanc de neige interminable, nous atteignons l'arête finale. Enfin, un peu de rocher (I+) !

Sommet du Strahlhorn. On se retrouvait au-dessus de tout et tout le monde. Sensation géniale. Meilleur des sommets de la semaine passée.

La chaîne des Mischabel et l'Allalinhorn.

Vue sur la dernière pente et, au fond, les 4000 de Zermatt (Dent Blanche, Obergabelhorn et Zinalrothorn).


C'est fini ! Bière finale à la Britanniahütte. Semaine géniale dans le Valais et je suis prêt à y retourner.